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Un peu d'histoire

Ci-après un texte de Marcel Labie écrit lors de la construction de notre école.

Nouvelles écoles
Un événement exceptionnel va bientôt se réaliser, une nouvelle école primaire va surgir du sol, elIe sera bâtie sur Ia partie libre du jardin de l'ancienne école.
Voici donc l'occasion unique d'ouvrir I'histoire du village au chapitre enseignement.

L'enseignement primaire, Iaissé à l’initiative privée et souvent organisé par Ie clergé dans les villages, n'était pas obligatoire et essentiellement conçu pour catéchiser les pauvres; iI restera médiocre tout au long de I'ancien régime bien que I’hiver nos écoliers, pauvres, pouvaient apprendre quelques rudiments de lecture, d'écriture, de calcul sous Ia surveillance du curé ou du clerc écoIâtre. La cure, l'atelier du tisserand, I'ouvroir du menuisier, Ia boulangerie, tous endroits chauffés, servaient d'école.
Voici quelques notes recueillies de ci de là.
En 1694, Ie vendredi 12 mars, le jour de Ia Saint Grégroire, on chantera la messe à l’intention des enfants “d'Escolle” (vieux français); à la Saint Martin, Ie 11 Novembre, le curé annonce
qu’on commence I'Escolle.
En 1695, Dominica (dimanche) 23eme post Pentecôte, le dimanche avant Sainte Catherine, Ie curé annonce: “les pères et mères qui veults envoient leurs enfants à l'escolle, on commence cette semaine”.
En 1698, iI y avait 372 habitants et c'était l'embryon de ce qui devait devenir Hunchenies.
Sous Ia domination française, pendant Ia période révolutionnaíre, l'enseignement clérical est interdit (loi du 17 juin 1796), il se créa à Huissignies un semblant d'enseignement primaire communal, mais I'instruction fut délivrée par des instituteurs formés dans les écoles normales catholiques (de 1796 à 1813 nous avons un instituteur communal Henry Joseph CAUCHIE).
En 1801, le concordat signé entre Napoléon Bonaparte et Ie Pape Pie VII, ramène une certaine paix entre l'Etat civil et les instances religieuses; c'est ainsi qu'en 1803 nous retrouvons François Joseph MEURANT, clerc et instituteur écoIâtre ainsi que tisserand.
À cette époque, nous n’avions pas de bâtinents communaux, Ia municipalité louait une salle dans un cabaret pour y tenir les réunions municipales, I'école et le corps de garde pour les patrouilles de nuit ( en 1811, entretien et loyer de cette salle: 20 francs); à cette même époque, des círculaires et arrêtés se muttíplient avec, comme objectif principal l'accroissement de Ia police et de I'hygiène dans l'agriculture, l’industrie et I'enseignement. La vaccination contre la variole est rendue obligatoire pour tous les enfants fréquentant l'école car, au cours de la prernière moitié du 19e siècIe, Ia variole fut Ia principale cause de la mortalité infantile, ceci s’expliquant par la scolarité non obligatoire.
En 1803, fait rare au début de ce siècle, nous avions au village un médecin chirurgien díplômé et une sage femme assermentée.
À cette époque, dès I'âge de 8 - 9 ans, les enfants étaient amenés à travailler pour aider Ia famille à survivre (charbonnages - briqueteries); un tiers de notre population était en état d'indigence. Le travail presté par les enfants étant très peu rémunéré, des abus intotérables furent constatés, ce qui engendra Ie décret de janvier 1813 limitant à 10 ans I'âge d'admission dans les houilleres.

Première école.
Vers 1824, sous la domination Hollandaise, l’enseignement n'est guère prospère malgré les efforts réalisés par I'Etat, iI n'existait aucune école primaire bâtie dans le canton de Chièvres.
A Huissignies, les enfants indigents étaient instruits au village, par contre, les personnes aisées envoyaient leurs enfants dans les pensions-écoles des villes voisines là où I'instruction était de meilleure qualité. Pour résoudre ce problème de fuite vers l'extérieur et diminuer la pauvreté, le conseil communal de Huissignies conduit par Ie Bourgmestre Domitien GOSSELIN, décida de construire une école à cet effet, des parcelles de terrains communaux et du bureau de bienfaisance (C.P.A.S. actuel) furent vendues et des aides financières furent reçues de I'Etat et de la Province, ce gui encouragea grandement cette initiative. C'est avec une somme de 3462 francs que les ouvriers communaux, avec I'aide de tous les habitants du village, réalisèrent Ia construction d'une vaste salle d'école à Iaquelle une habitation pour l’instituteur était annexée. Cette construction fut terminée en 1828 et l'Administration communale de Huissignies eut le plaisir de se voir citer comme modèle aux autres communes du canton. Monsieur ABBAT alors inspecteur à Frasnes, nous proposa pour instituteur, Ie Sieur LAURENT Jean-François, natif de Ladeuze, iI est âgé de 36 ans, breveté du 3èrne rang depuis 1825, mais exerçant Ia profession depuis 18 ans; cette proposition fut acceptée, il entra en fonction en l'année 1828 et on lui accorda gratuitement la demeure comprise dans l'établissement.

A suivre...